L’inflation sous- jacente des prix à la consommation au Japon s’est accélérée en avril, progressant de 3,5 % par rapport à l’année précédente, marquant ainsi sa plus forte hausse depuis plus de deux ans. Cette hausse, alimentée par la réduction des subventions gouvernementales à l’énergie et par une hausse soutenue des prix du riz, souligne la persistance des pressions inflationnistes malgré les efforts continus de la politique monétaire pour stabiliser la croissance des prix.

Les données publiées vendredi par le ministère de l’Intérieur et des Communications ont montré que l’indice des prix à la consommation ( IPC ) de base à l’échelle nationale, qui exclut les prix volatils des produits frais, a poursuivi sa trajectoire ascendante après une hausse de 3,2 % en mars. Ce dernier chiffre représente la plus forte hausse annuelle depuis janvier 2023. L’inflation sous-jacente au Japon dépasse désormais l’ objectif de 2 % de la Banque du Japon depuis plus de trois années consécutives, une tendance amorcée en avril 2022.
Les fluctuations de prix les plus marquées ont été enregistrées dans les secteurs de l’énergie et de l’alimentation. Les coûts de l’énergie ont bondi de 9,3 % sur un an en avril, contre 6,6 % le mois précédent. Dans cette catégorie, les prix de l’électricité ont augmenté de 13,5 %, tandis que ceux du gaz de ville ont augmenté de 4,7 %. Ces hausses font suite à la réduction progressive des subventions gouvernementales visant à compenser les coûts de l’énergie, contribuant ainsi directement à la hausse des dépenses des ménages.
Les prix des denrées alimentaires, hors produits frais, ont connu une hausse notable de 7,0 % en avril par rapport au même mois de l’année précédente. Il s’agit d’une accélération par rapport à la hausse de 6,2 % enregistrée en mars. Parmi les produits alimentaires, les prix du riz ont connu une hausse particulièrement marquée, augmentant de 98,4 % sur un an. Ce pic représente le septième mois consécutif de records pour le riz, en raison des pénuries persistantes d’approvisionnement qui ont limité la disponibilité sur le marché intérieur.
L’IPC sous-jacent, indicateur clé utilisé pour évaluer les tendances de l’inflation sous-jacente en excluant les produits frais et l’énergie, a progressé de 3,0 % en avril. Cet indicateur est en hausse par rapport à la hausse de 2,9 % enregistrée en mars, ce qui suggère que les pressions inflationnistes restent généralisées et ne sont pas uniquement imputables aux fluctuations des prix de l’énergie ou des denrées alimentaires.
La persistance d’une inflation élevée complique les perspectives de politique monétaire de la Banque du Japon . Malgré des mesures progressives de normalisation, notamment une hausse historique des taux d’intérêt en début d’année, la dynamique inflationniste continue de mettre à l’épreuve l’équilibre que la banque centrale doit trouver entre soutien à la croissance économique et maintien de la stabilité des prix.
Si certains facteurs inflationnistes sont externes et temporaires, comme les prix mondiaux des matières premières, des facteurs internes, comme les contraintes d’approvisionnement alimentaire et la réduction des subventions, indiquent que l’inflation élevée pourrait persister à court terme. Cela exerce une pression accrue sur les décideurs politiques, les obligeant à envisager de nouveaux ajustements des stratégies budgétaires et monétaires afin de maîtriser l’inflation tout en soutenant les ménages confrontés à la hausse du coût de la vie. – Par le bureau de presse de MENA Newswire .
